08/2020

Trois mois pour vendre votre logement, sinon ils vous l’achètent

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Rémy Fabre et Louis Lambert, amis d’enfance, entendent simplifier et sécuriser la période de vente-achat de logements.

L’un est de Saint-André, l’autre de Verlinghem, et ont tous les deux 24 ans. Baignés dans la technologie, la finance et l’intelligence artificielle, Rémy Fabre et Louis Lambert ont lancé Vesta sur le marché de l’immobilier. Le concept : garantir la vente d’un logement en 90 jours. La cible : ceux qui vendent pour acheter autre chose et veulent s’éviter stress et risques financiers.

Comme souvent, ça commence par du vécu. Une histoire familiale chez Rémy Fabre. Une maison à vendre pour acheter un appartement à Lille. La vente de la maison tarde, sans doute à cause d’un prix de vente estimé trop haut… Elle finira par se faire, mais bien plus tard qu’espéré et à un prix bien plus bas… Entre-temps le prix de l’appartement a augmenté… « Beaucoup de temps passé, de stress et de l’argent perdu au final. » Cela donne de quoi réfléchir à l’Andrésien et son ami d’adolescence, Louis Lambert. Et réfléchir, les deux jeunes hommes savent bien le faire (lire ci-dessous).

« Vendre et acheter en même temps… c’est plein de choses à gérer avec de gros enjeux financiers »

Rémy Fabre et Louis Lambert se disent qu’il doit bien y avoir moyen de simplifier la période, le processus, de « gommer les difficultés rencontrées par ceux qui ont décidé de vendre pour acheter autre chose dans le même temps. Cette situation engendre beaucoup de stress. Vendre et acheter en même temps… c’est plein de choses à gérer avec de gros enjeux financiers. Et le milieu immobilier n’est pas très innovant », estiment les deux camarades, qui ont grandi et étudié dans le monde numérique et l’intelligence artificielle.

Ce qu’ils imaginent et proposent est simple : ils estiment le bien à vendre, se chargent de le mettre en vente, et si 90 jours après il n’a pas trouvé acquéreur, ils promettent de l’acheter eux-mêmes  ! Pour le vendeur, c’est donc une vente, quoi qu’il arrive, au plus tard trois mois après la mise en vente, et à un prix garanti. Une sécurité qui simplifie donc largement l’achat de son nouveau logement.

Un algorithme pour estimer le prix de vente

Les deux jeunes fondateurs de Vesta ne sont pas des spécialistes de l’immobilier. Pour la réussite de leur entreprise, ils se fondent donc sur leur maîtrise des nouvelles technologies. « Le but est d’estimer au plus juste le prix de vente de la maison ou de l’appartement. De nombreuses bases de données existent (comme celle des ventes comparables dans le secteur), nous avons créé un algorithme qui exploite ces bases de données et ajuste le prix en fonction des caractéristiques du bien. On l’a testé et on est arrivé à prédire à 95 % le prix de vente des biens. Pour pouvoir estimer au mieux les ventes, on a forcément des critères d’éligibilité des biens : on privilégie plutôt les appartements, entre 100 000 et 500 000 €, sans beaucoup de travaux… » Évidemment, plus il y a déjà eu de ventes comparables, plus la technologie est efficace pour estimer le futur prix de vente. Et le risque de devoir au final acheter eux-mêmes le bien, limité.

Le modèle de Rémy Fabre et Louis Lambert, inspiré de loin de ce qui peut se faire aux États-Unis, n’existe pas en France. « Éviter un prêt relais et du stress… il y a beaucoup de monde que cela intéresse… »

Louis Lambert et Rémy Fabre, amis adolescents et jeunes adultes associés

Louis Lambert et Rémy Fabre se sont rencontrés en cinquième, à Saint-Paul (Lille). Le Verlinghemmois et l’Andrésien ont aujourd’hui 24 ans. Le premier est diplômé de l’EDHEC, puis de Columbia University (à New York) autour de l’intelligence artificielle. Le second a fait Centrale Lille, passé un peu de temps dans des fonds d’investissement, et est admis à Polytechnique… où il décidera de ne pas aller, pour lancer Vesta !

Études brillantes

Les deux jeunes se retrouvent d’abord autour de jeux vidéos et d’argent virtuel qu’ils arrivent à monnayer, avant que leurs parents respectifs mettent fin à l’activité dont ils ne sont pas sûrs qu’elle soit très licite… Plus clair par contre, l’investissement des alors deux étudiants dans de la cryptomonnaie : de l’Ethereum, monnaie virtuelle donc, qu’ils achètent avant de la revendre une fois qu’elle a pris de la valeur. « Cela a plutôt bien marché », sourient-ils. À tel point qu’à la sortie de leurs études, plutôt brillantes, les deux amis constatent qu’ils ont mis assez d’argent de côté « pour ne pas à avoir à chercher du travail tout de suite ». Et prendre donc le temps de bien réfléchir au concept pour le lancement de Vesta.

Premier client en juillet

Le site de Vesta (wevesta.com) a été mis en ligne en juillet, à la sortie du confinement. « Nous avions levé des fonds en juin 2019 pour nous lancer. » Autour de 350 000 dollars auprès de deux Américains (Edward Lando et Third Kind Venture Capital) particulièrement intéressés par les nouveaux concepts de jeunes entreprises (la deuxième avait par exemple participé à la naissance de Pinterest).

Le premier client a été signé en juillet. « Une famille qui voulait vendre son appartement pour acheter une maison », dans la proche banlieue parisienne. « C’est un client qui avait déjà posté une annonce. On l’a contacté en lui disant simplement  : «Ça vous dirait de sécuriser la vente de votre appartement sous 90 jours ?»

Vesta va s’attaquer au marché lillois à la rentrée… en allant chercher les clients. « C’est notre réflexion du moment : trouver la meilleure manière de capter des clients. »

Source : La Voix du Nord

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